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jeudi, janvier 08, 2015

A Charlie, Charlie à moitié!


mercredi, janvier 07, 2015

A propos du massacre des vies et de la liberté d'expression perpétré au coeur de Charlie Hebdo, je viens d'écrire ceci à une personne qui est chère à mon coeur et qui me comprend:

samedi, novembre 29, 2014

"Le 15 décembre, je travaillerai, et je renonce aux avancées positives obtenues par les mouvements sociaux" Non mais allô, quoi!

Droit de grève contre droit au travail. Pas question ici d'opposer ces deux conquis par des décennies de luttes sociales.

Et l'initiative lancée sur Facebook par un chef d'entreprise de Wavre, commune (prononcer: "Queumune") dont Charles Michel est bourgmestre, une étudiante en psychologie de Liège et trois employés donne le ton: "Le 15 décembre, moi je travaillerai. Alors que d’autres." Une page Facebook qui a récolté quelque 30.000 Like (qui rappelons-le, veut dire, "Comme" et pas "J'aime"), dont beaucoup ont été achetés selon un procédé bien connu des spécialistes en marketing et communication.

Bien! Chacun est libre de s'exprimer. Donc, pourquoi ne pas lancer une page Facebook, suite logique de celle mentionnée ci-dessus: "Le 15 décembre, moi je travaillerai et je renonce aux avancées sociales et humaines que manifestations, grèves et concertations sociales engrangeraient si les différents gouvernements revoient leurs copies. Alors que d'autres obtiendraient ce pour quoi eux et leurs prédécesseurs se sont battus, voire plus puisque tous ceux qui renoncent laissent une enveloppe plus grande à partager".

Dans la logique néo-libérale imposée par le gouvernement fédérale et à peine reniée par les gouvernements régionaux et communautaires, leurs partisans trouveront logique cette répartition inégalitaires des bienfaits obtenus par une majorité de moins en moins silencieuse.  Comme ils jugent normale la répartition iniquitable des richesses produites par les uns et les autres, et surtout par les uns au profit de quelques autres.

Loin de moi de vouloir réellement appliquer cette façon de partager. Mais avouez qu'à force d'entendre certains se plaindre du combat social et de défendre des mesures idéologiquement égoïstes et "courtermistes", à force de les entendre vouloir détruire la solidarité entre les hommes et les femmes, entre les générations... Avouez qu'il est tentant de les mettre devant leurs contradictions, non?

Allez, et n'oubliez pas, comme le faisait dire Oscar Wilde: Faites de votre vie une oeuvre d'art...
Que votre journée soit belle...
Yvan Scoys

vendredi, novembre 28, 2014

Egoïsme ou mémoire courte?

"Si vous pouvez poser vos fesses sur le sable l'été, c'est parce que vos parents et grands-parents se sont bougé le cul".

Une boutade, un slogan (CSC, syndicat chrétien belge ou autres... ), une réplique... Peu importe: une phrase qui a la mémoire longue face à la mémoire courte des travailleurs anesthésiés par les droits, réclamés, obtenus et légués par les générations qui ont mis au monde une génération d'amnésiques.

Anesthésiés par le confort dont ils peuvent jouir grâce aux risques pris, à l'engagement de leurs prédécesseurs. Un engagement vécu pour améliorer leurs conditions de travail, pour eux et pour leurs semblables mais aussi pour garantir un avenir meilleur pour leurs enfants, ou plus généralement, les générations futures.

Et nous, en 2014, en acceptant comme une fatalité les régressions humaines imposées par des dirigeants au service des lobbies financiers, nous crachons sur les tombes de ces gens qui ont vraiment risqué quelque chose pour, bien sûr, quelques francs de l'époque en plus, mais surtout pour clamer haut et fort que chaque femme, chaque enfant, chaque homme ont droit la dignité.

Quand j'entends mes connaissances, souvent mes collégues, encore plus souvent ma famille, être au mieux frileux, au pire, défendre les décisions des différents gouvernements (le fédéral et les régionaux et communautaires) de Belgique, je suis partagé entre la révolte, le dégoût, la honte et le découragement. J'ai honte pour ceux qui disent penser aux générations futures mais qui définissent les diktats néo-libéraux, comme "la seule chance de garantir des études, des soins de santé, une pension" qui leur étaient promises par leurs... parents.

Et pourtant, eux aussi, pour la plupart, ont des enfants, des petits-enfants. Et les mêmes somnambules de pointer le manque de vision à long terme de nos élus, de LEURS élus, alors qu'eux-mêmes font preuve d'égoïsme pour leur famille! Un égoïsme aux relents de politiques de terre brûlée.

Espérons juste que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets... Mais las! Comment espérer que ceux qui ont la mémoire courte (15 ou 20 ans dans le meilleur des cas...) se souviennent des politiques et des dégâts provoqués par des hommes providentiels il y a 100 ou 75 ans.

Allez! Bon week-end...
Et que votre journée soit... belle!

Amicalement vôtre,
Yvan Scoys

vendredi, octobre 31, 2014

De l'intime à l'estime...


Si vous remontez aux origines de ce blog, vous verrez qu'il a été présenté pour accueillir toutes les formes du Dire. Via tous les canaux connus et à venir mais surtout destiné à exprimer des idées, des opinions mais aussi des sentiments, des émotions, des interrogations, des certitudes, des doutes...

Pas question bien sûr de vous imposer des atermoiements personnels, ni même de le confondre avec ce que, enfant et jeune ado, certains appelaient "Carnets Intimes" ou "Carnets de Poésies". Surtout qu'à l'avènement des blogs, et puis des réseaux sociaux, certains ont confondu cet espace intime avec la sur-exposition du "je" et du clash des autres, allant jusqu'à l'exhibitionnisme.

Pourtant, j'ai envie de dire autre chose que ces réflexions, coups de gueule ou coups de coeur philosophico-politicos connotés. Car dire les choses relevant de l'intime, ce véritable espace intérieur où chacun vit ses émotions, ses rêves, ses passions, ses peurs, ses envies, ses désirs est pour moi tout aussi essentiel à cette nécessité de se sentir vivant.

Est-ce l'âge, l'expérience, les bifurcations prises tout au long de la vie qui permettent de nourrir cette vie intérieur? Je ne sais pas... Mais une chose est sûre: dire l'intime construit l'estime. Et quand on sait qu'une même racine est à la source de ces deux mots, aimer et estimer, le rapprochement parlera à beaucoup...

Alors, n'hésitons pas à nourrir nos jardins intérieurs et à partager ce qui peut l'être, sans être lourd... En bon hédoniste, avec notre côté solaire. Même s'il ne peut être mis en lumière qu'en contraste avec notre part, non pas crépusculaire, mais bien lunaire...  Car le côté sombre ne peut s'exprimer que grâce à la lumière. Si la lumière s'éteint, l'ombre disparaît... Et la vie n'a alors plus de relief... (https://twitter.com/YvanScoys/status/492058146752720896)

Et à ceux qui me penseraient pessimiste, je fais mien ce tag d'un optimiste anonyme, relayé par Michel Onfray: "Le monde est chaud, rond, lisse et homogène comme un sein de femme". (https://twitter.com/michelonfray/status/490795073362485248)


Pour tout manifeste hédoniste, je citerai Chamfort (pas le chanteur, mais le journaliste et moraliste français, encore un clin d'oeil à Michel Onfray):

"Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà toute morale".

Alors, pour paraphraser Oscar Wilde (mon maître dandy) je vous livre cette phrase devenue ma signature sur les ondes: "Faites de votre vie une oeuvre d'art! Et que votre journée soit belle!"

A bientôt...
Yvan Scoys

mardi, octobre 28, 2014

L'heure de dire...

Plus que jamais, l'heure de dire est revenue. Comme une envie de ne plus se taire... Un silence radio, pardon, un silence blog, trop longtemps observé... Un silence assourdissant qui va sans doute laisser la place à un cri.

Cri de colère.
Cri d'indignation.
Cri de réveil.
Cri d'appel.
Cri de rappel.
Cri de provocation.
Cri d'impertinence.
Cri d'expression.
Cri de courage...

Le cri de toute une série d'invidivus, de groupes d'individus, d'associations, d'institutions, de scientifiques, d'artistes, de travailleurs, de travailleurs sans emplois, de vrais patrons, d'enseignants, d'étudiants, de parents, de policiers, de médecins et futurs médecins, d'avocats, de juges, de conservateurs de musées, de travailleurs sociaux, ... et la liste augmentera au fur et mesure de la découverte des mesures gouvernementales... tant fédérales que régionales et communautaires... tant au nord qu'au sud du pays... tant à l'ouest qu'à l'Est du pays.

Alors il est temps de faire entendre sa voix... De DIRE les choses! HAUT ET FORT!

A vous, à nous de dire les choses maintenant.

Yvan Scoys
Twitter: @YvanScoys

jeudi, novembre 28, 2013

Y en a marre!


La Presse, revue et corrigée

Pour ceux qui ont loupé l’info...

Je ne sais pas vous... Mais moi, je pense que Charleroi mérite plus que ce qu’on lui fait subir! Et quand je dis “on”, je parle des médias, des politiques mais aussi des Carolos qui donnent du grain à moudre aux faiseurs de clichés, clé sur porte!

Chicago sur Sambre, patrie des casquettes et des trainings, décors de Fast and Furious de seconde zone... Bon, s’il faut bien reconnaître que tout cela est un peu alimenté par certains d’entre nous, les détracteurs de la première métropole wallonne devraient aussi reconnaître que Charleroi, ce n’est pas que cela.

Et y en marre! Dernier cri de vérité et de révolte, le rap de Louis Strike qui pose une question en forme de dénonciation: “Qu’est-ce qu’ils ont fait de ma ville”. A découvrir sur la page Facebook de CharleKing Radio et sur You Tube! Un portrait lucide de notre ville et sur ses bourreaux. Mais aussi une ode à ses habitants, son paysage culturel, ses acteurs, bref à ses résistants.

Et les médias ne sont pas en reste. Je sais, je ne suis pas le dernier à pointer nos gazettes comme chantre de la Vie de Merde au Pays Noir. 
Pourtant, heureusement que mes confrères de terrain, je ne parle pas de leur hiérarchie, se battent pour donner une autre image de Charleroi. Un Charleroi qui gagne, qui investit, qui innove...

Charleroi qui a gagné ses galons et ce depuis belle lurette, dans le milieu culturel: avec l’Eden, l’Ancre, le PBA mais aussi la Guimbarde, la Ruche Théâtre, Cabaret 2000, Charleroi Danse, le Comédie Central, le Rockerill et les concerts et les spectacles qui fleurissent un peu partout. Et pardon à ceux que je n’ai pas cités, une revue de presse entière n’y suffirait pas.

Charleroi qui investit, mais pas nécessairement grâce aux grands projets commerciaux qui défigurent la ville avant... avant... de faire quoi, au fait? On n’en sait rien. Ni grâce aux politiques qui suivent ces promoteurs-spéculateurs au lieu d’avoir une vision pour leur ville.

Non, Charleroi qui investit par ses indépendants, ses cultivateurs de loisirs et de culture comme les présente Louis Strike.
Ou encore, si l’on en croit la Nouvelle Gazette, grâce à la Région, qui permettra à la Ville de rénover en profondeur une cinquantaine de rues par le truchement d’un subside de 9 millions d’euros. A condition que la ville débourse la même somme.

Volonté d’aller de l’avant aussi, du côté de la Sambrienne, société d’habitations sociales qui se fait fort de traquer les logements sociaux fictifs alors que des dizaines de familles, réellement dans le besoin, attendent un toit.

Innovation, encore et toujours à lire dans La Gazette ces 9 perles de créativité made in Charleroi. Un bloc isolant pour la construction venant de Gozée, une liqueur fruitée à l’Argousier de Thuin, un nouveau procédé de traitement des boues et des sols pollués mis au point à Biercée, un gel pour soulager les articulations et un désinfectant tous deux élaborés à Courcelles, un calculateur kilométrique inventé à Jumet; mais aussi des verres et des flacons luminescents et un chauffe-eau écologique ou encore un outil de diagnostic dans le domaine du cancer, tous trois nés à Gosselies.

Charleroi qui innove, Charleroi qui gagne, Charleroi qui y croit encore... Grâce aux Carolos, ceux qui cassent les codes.

Aller de l’avant et faire les choses, simplement parce que l’on ne savait pas que c’était impossible, voilà de bien belles façons de faire de sa vie... une oeuvre d’art.

A demain! Et que votre journée soit belle... et rebelle!

Yvan Scoys

vendredi, octobre 11, 2013


La Presse, revue et corrigée

Pour ceux qui ont loupé l’info...

Je ne sais pas vous... Mais moi, j’ai parfois l’impression d’écrire toujours la même chronique. Et je ne parle des rediffusions, volontaires ou accidentelles.

Non, je veux dire qu’il y a des sujets, des thèmes récurrents, des dossiers qui ne bougent pas et d’autres qui n’en finissent pas de finir.

Bon, c’est vrai, hier, je vous parlais déjà, et encore, des chantiers. Mais vus de haut. Plus sympathique, parfois même plus esthétique...

Mais il est un dossier qui met les nerfs à vif: celui des travaux qui devraient mener à Rive Gauche. Je ne parle pas d’une des berges de la Sambre, elle aussi éventrée, mais bien du chantier du futur, potentiel, hypothétique - je ne sais plus quel mot choisir - bref, du “bientôt” centre commercial du bas de la ville.

La Nouvelle Gazette de jeudi dernier titrait: Travaux Rive Gauche: la guerre des barrières.

Véritable guerre des tranchées à laquelle se livrent les commerçants et les autorités de la ville de Charleroi. Avec des soldats qui, sur le terrain, ne savent plus très bien pourquoi ils se battent, pourquoi on leur donne des ordres contradictoires.

La confrontation prend parfois aussi des allures de guérillas.

Pour preuve, le dernier bras de fer entamé par les uns et les autres.
Certains commerçants ont déboulonné des barrières. Il faut dire, comme le déclare un restaurateur, qu’ils ont l’impression d’avoir été mis en cage. Et de se dire désespérés, tout en dénonçant l’incohérence totale du dossier.
Et c’est vrai que les voltes-faces sont fréquentes. Voltes-faces de... de.... mais de qui au fond? Car on se perd en conjectures pour savoir qui décide: la ville? la police? les ouvriers? le promoteur immobilier?

Guerre, guérilla...
A moins que tout cela ne s’apparente à une cour de récréation. D’un côté les commerçants et les maraîchers qui perdent des clients, de l’argent, qui ferment, déménagent... et qui coupent des cadenas.

De l’autre, des policiers qui ne savent plus sur quel pied danser, des ouvriers qui se font insulter, des échevins et mayeur qui ne répondent pas aux demandent, ne tiennent pas leurs engagements ou encore changent d’avis sans expliquer.

En parlant du bourgmestre, Paul Magnette se fâche tout rouge dans la Gazette. Il déclare: “On a carrément cisaillé à la pince les cadenas posés sur les barrières interdisant l’accès aux travaux.(...) Il y a aussi des inciviques qui ne veulent pas faire un détour ou ne savent par marcher 200 mètres pour aller faire leurs achats ou conduire les enfants à l’école”. Fin de citation.

Je vous le disais, ambiance de cour d’école!

Cour d'école, cour d'école... Le mot est peut-être mal choisi. L'expression "Terrain de jeux" serait sans doute aussi adéquate. Sauf pour les victimes de ces cambrioleurs qui prennent ces commerces isolés comme terrain de jeux qu'ils peuvent explorer à l'aise puisqu'ils sont difficilement accessibles par les forces de polices.

Mais qui sifflera la fin de la récréation? Celui-là aura, assurément, contribué à faire de la vie des Carolos... une oeuvre d’art!

A demain! Et que votre journée soit belle!

Ce texte est un mixte de deux chroniques diffusées le jeudi 10 octobre et le vendredi 11 octobre sur CharleKing Radio - 106.5

vendredi, septembre 13, 2013

Revue de presse pour CharleKing Radio

Revue de presse pour CharleKing Radio du vendredi 13 septembre 2013


https://soundcloud.com/yvan-scoys/revue-de-presse-charleking


La Presse, revue et corrigée

Pour ceux qui ont loupé l’info...

Je ne sais pas vous... Mais moi, je constate qu’une fois de plus, l’actualité fait le grand écart. Et c’est ça qui est chouette de repérer dans la presse, car bien trop souvent, on réduit l’information aux mauvaises nouvelles, on montre du doigt le manque de suivi des dossiers ou on déplore la simple dénonciation de la passivité du citoyen.

Et bien, je peux vous dire que si, forcément, ce qui fait vendre ce sont bien les 3 “S”, pour Sang, Sexe et Scandale, les médias vous proposent aussi autre chose.

Mais, nous, lecteurs, avons aussi notre rôle à jouer dans ce que les médias nous vendent. Si nous plébiscitons d’autres thèmes que les 3 S, si nous achetons les journaux, écoutons les radios, regardons les chaînes de télé qui nous permettent d’être curieux sans être voyeur, d’être passionnés sans être excités, de s’indigner sans juger, je suis sûr que les médias mettront en avant ces sujets.

Des sujets qui sont de toute façon et bien souvent présents dans nos journaux. Mais pas forcément mis en valeur.

Et la semaine dernière, j’ai repéré dans La Nouvelle Gazette, Le Soir et l’Avenir, des preuves de ce que j’avance.

Côté suivi des dossiers, ces journaux faisaient état de l’acquittement d’Alain Eyenga, l’ancien échevin du MR acquitté au bénéfice du doute. Il s’agissait d’une suspicion de mise à disposition illégale de personnel. Quant à Philippe Van Cauwenberghe, dans l’affaire de sous-facturation de travaux de construction, sorte de cadeau d’un entrepreneur, la justice a requis la suspension du prononcé. Ce qui veut dire que si l’accusé est condamné, la peine sera suspendue au-dessus de sa tête, comme une épée de Damoclès, et appliquée si jamais il devait à nouveau contrevenir à la loi.

Vous me direz, bénéfice du doute, suspension du prononcé, cela pourrait alimenter l’adage qui dit: il n’y a pas de fumée sans feu. Peut-être... Mais les journalistes sont là pour relater le fonctionnement de la justice et donner à tout un chacun les éléments leur permettant de se faire une opinion. Et si enquête ils font, elle ne doit pas dispenser la justice de faire son travail et le citoyen de réagir.

Autre écho où l’on voit que les choses ne reste pas figée, c’est cette info concernant une innovation lancée par l’Institut Jean Jaurès. Le département secondaire a décidé de faire passer la durée des périodes de cours de 50 à 45 minutes. Holà! J’entends déjà certains crier haro sur les baudets, en l’occurrence les enseignants, et les accuser d’en faire encore moins que ce que beaucoup pensent.

Précisons alors: ces 5 minutes de moins serviront à dégager du temps pour mettre sur pied des heures de remédiation, afin de favoriser la réussite de nos jeunes. Des jeunes qui ont bien besoin d’un encadrement spécifique en ce sens et donner par des enseignants motivés et concentrés sur leur tâche première: enseigner!

Ici encore, nos journaux évitent l’écueil du cliché facile. A saluer!
Ajoutons encore l’article de L’Avenir consacré à l’application développée par le SIEP, SIEP pour Service d’Information sur les études et professions, une application donc pour aider les 11-14 ans dans leur orientation scolaire.

Enfin, deux infos qui montrent que les citoyens ne comptent pas laisser les élus décider à leur place.
La première, dans l’Avenir, évoque la pétition citoyenne contre le règlement communal sur la mendicité. D’entrée de jeu, on peut y lire que ces Carolos regrettent de n’avoir pas été consultés alors qu’ils ont été désignés comme demandeurs.

Dans la seconde, mais dans La Nouvelle Gazette cette fois, il est question d’une pétition-sondage. Sur une quarantaine de commerçants du bas de la ville de Charleroi, 100% se prononcent contre la fermeture du boulevard Tirou. Bon, ce n’est cela le scoop mais cela prouve la volonté du citoyen de reprendre la main. Ces choses-là sont exprimées de manière fleurie par certains commerçants, comme par cette dame des Colonnades, qui en marre qu’on les prennent pour des... Oups! complétez par un mot de trois lettres qui commence par C et se termine par N!

Bon! Je ne sais pas vous mais ces news d’actions citoyennes et d’innovation, relatées par nos médias, me rassurent plutôt. Sur quoi? Mais sur la faculté de chacun d’entre nous, surtout en groupe, de faire de la vie de tous, une oeuvre d’art!

A lundi! Et que votre week-end soit beau... et Wallon!

mardi, mars 12, 2013

Croc-Nique: Non mais, allez quoi!


Croc-Nique Nécro... logique mais pas trop Nécro... spirituelle...

Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de la vie après la mort. Si déjà certains pouvaient faire preuve de vie de leur vivant, ce ne serait déjà pas si mal...

Et quand on voit et entend la navrante Nabilla des Anges de la Téléréalité, il y a de quoi se poser des questions. Non mais c’est vrai, allô quoi! Y-a-t-il quelqu’un à l’intérieur? T’es une fille et t’as pas de cerveau? Non mais, allô quoi!

Des esprits un peu trop testostéronés pourraient saisir l’occasion pour lancer une saillie toute masculine. Car le buzz télescope la journée de la femme. Attention! Pas de rapprochement hâtif! Loin de moi l’idée d'unir pour le meilleur et pour le pire les deux non-événements (je suis pour la paix des ménages, surtout du mien...)
Après tout, la journée de la femme n’a lieu qu’une fois par an. Alors que ce genre de perles, la téléréalité les enfile fréquemment, et en collier encore, et parfois de plusieurs rangs.
Pour être de bons comptes, la gent masculine n’est pas avare de ce type de cadeaux.

Il n’empêche: la journée de la femme (qui est plus fréquente chez moi, soit dit en passant...), se transforme bien souvent en one-shot, alors que les véritables inégalités sont vécues au quotidien par ces dames et demoiselles. Et ce, depuis la petite enfance jusqu’à un âge vénérable, selon les contrées.

Ceci étant précisé, personnellement, et pour paraphraser Damien Saez (in Les Anarchitectures), je trouve que le féminisme manque de couilles. Sous prétexte que les filles ont gagné le droit de parler n’importe comment (aussi mal que les mecs), de faire un concours du plus bel encéphalogramme plat et de retrouver la lingerie que les anarcho-militantes avaient brûlée, femmes et hommes oublient de réclamer, de conserver, de défendre et de faire progresser des droits identiques pour les unes et pour les autres (regardez autour de vous pour tracer l’itinéraire du chemin encore à parcourir).

Alors, féministes de tous bords et de tous sexes, réveillez-vous! Non mais, allez quoi!

Yvan Scoys


mercredi, janvier 30, 2013

Croc-nique...


Croc: "Dent pointue de certains animaux" (in Le Petit Robert).
Nique: "Faire la nique à quelqu'un: faire un signe de mépris, de bravade. V. Braver, moquer (se) Fig: se moquer" (toujours in Le Petit Robert).

Deux mots pour une chronique acérée et impertinente, pour braver les conventions et les interdits de tout poil... à gratter!
Pour rester dans le rayon animal, ce rendez-vous se voudra aussi une niche pour mon cynisme. Pas le cynisme dénaturé, pas celui pour lequel la fin justifie les moyens mais bien l’originel, le cynisme au sens philosophique et antique du terme. Celui de Diogène, à la lanterne et en quête de l’homme; celui qui dit à Alexandre de s’éloigner parce qu’il lui masque le soleil; le cynisme de l’ironie, à l’image de cette saillie adressée par le “philosophe au chien” à un chauve: “Je ne vais pas être insolent avec toi mais je félicite tes cheveux d’avoir quitté une sale tête”.

Un trait d’esprit qui me fait penser également à celui qui venait aux dandys, de Lord Brummell à David Bowie en passant par Baudelaire et Oscar Wilde (mon préféré et le plus emblématique).

Je propose de passer l’air du temps, les petites et grandes questions de nos mondes, à la moulinette d’une pensée critique subversive (certains auront compris que Michel Onfray et moi, partageons quelques idées...). Où l’anarchisme libertaire transpirera comme les corps suent dans la geste sexuelle, mêlant les humeurs les plus délicieusement décadentes et jubilatoires.

Le plaisir sera évidemment la toile de fond de cette croc-nique: le mien bien sûr mais aussi celui de ses lecteurs, car l’onanisme, intellectuel ou autre, ne suffit pas à offrir à notre existence une palette de jouissances.

Car vous l’aurez compris, mordre, égratigner, moquer les puissants forcément ridicules, jouer les bouffons du roi au mépris du danger (tout relatif sous nos latitudes...) n’auront d’autres ambitions que de se faire du bien.

De quoi mettre en pratique (du moins sous une forme bien modeste), l’impératif catégorique (encore merci à l’initiateur de l’Université populaire de Caen) de Chamfort (le poète, le philosophe, le journaliste, pas le chanteur mais néanmoins autre dandy que j’apprécie également):

Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà toute morale”. Soit l’hédonisme comme volonté de proposer des plaisirs afin d’éviter tout déplaisir.

Sur ce, je vous souhaite... bien du plaisir!

Yvan Scoys

dimanche, décembre 16, 2012

S'attendre au pire pour apprécier le meilleur

Anespérance...

Un collègue m'a dit un jour qu'il était anespéré. Un état d'esprit que je partage avec celui que j'appelle (à peine en boutade) mon mentor (il se reconnaîtra), ce qui a le don de gentiment l'exaspérer...

Lui et moi sommes donc anespérés. Sauf que la conséquence pour lui est toute différente quant à moi. Etre anespéré se traduit chez lui par: "je n'attends plus rien des autres". Ce qui permet, il est vrai, de ne plus être déçu.

Alors que chez moi, le fait de ne plus avoir d'espérance, entraîne que je m'attends à tout de la part de mes frères humains. Je sais que les femmes et les hommes sont capables de tout. Du pire, comme du meilleur.

Si je ne suis pas étonné du pire, cela me permet malgré tout d'être surpris par le meilleur. Et de prendre plaisir au meilleur des uns et des autres. Pour leur plaisir aussi...
Du moins... je l'espère...

Yvan Scoys

jeudi, octobre 18, 2012

Pour une alternative crédible

Il est temps de faire entendre une autre voix... et d'emprunter une autre voie...

http://www.roosevelt2012.be/site/index.php

samedi, août 25, 2012

Il est temps...

La colère est mauvaise conseillère, dit-on. Je n'en suis pas sûr...

Par contre, je suis certain que la peur ne doit pas guider nos choix. Or, femmes et hommes politiques, médias, économistes, banquiers, journalistes, religieux (peu importe l'obédience) utilisent la peur pour mieux manipuler les individus et les groupes d'individus.
Avec la peur, on se replie sur soi, on rejette l'autre, on n'entreprend rien, on ne rencontre personne, on regrette le passé et on évite de construire l'avenir.

Il est temps de ne plus avoir peur... Il est temps de faire preuve de courage. Chacun d'entre nous, sans attendre que d'autres fassent preuve de courage à notre place, nous devons oser. Oser dire oui à la vie, oser dire non à ces marchands de paradis pour demain sur le dos des autres. Car les autres, ce sera nous, un jour ou l'autre.

Il est temps de vivre debout. La rentrée sera chaude, socialement parlant. Nous sommes à un moment charnière et demain sera ce que nous en ferons... aujourd'hui. Il est trop facile de se lamenter dans son coin, de pointer du doigt ce qui ne nous plaît pas dans notre vie, dans notre travail, avec notre famille, nos amis, nos collègues, nos supérieurs hiérarchiques. Ces derniers ont décidé d'être les suppôts d'une idéologie néo-libérale qui n'est qu'égoïsme, arrivisme et... médiocrité. Sous couvert d'être au service de tous, ils ne servent que leurs intérêts.

Mais comment les en blâmer quand on sait que leurs subalternes sont leurs complices. Ceux-ci se soumettent de bonne grâce tant que l'on ne touche pas à leur petit confort personnel. Je ne souhaite pas ici un sursaut de solidarité et de collectivisme qui serait, il est vrai, le bienvenu; mais je dénonce le fait qu'il est trop facile de se plaindre dans son coin, de jouer le Calimero, d'attendre que tout s'arrange sans lever le petit doigt.

Loin de moi de nier que pousser une gueulante de temps en temps fait du bien. Mais si on se limite à cela, cela reste stérile. Et même si agir ne change pas forcément les choses, ne rien faire est le meilleur moyen que rien ne bouge.

Tout est donc une question de courage...

Il est temps... d'en avoir!

Yvan Scoys

mercredi, août 08, 2012

Récupération ou recyclage?

Pierre Larrouturou, économiste et homme poilitique partisan actif du partage du temps de travail, sera un des invités aux rencontres d'été du Parti socialiste belge à la fin du mois d'août. Larrouturou est aussi un des fondateurs du collectif Roosevelt 2012, avec Stéphane Hessel ("Indignez-vous") et Edgar Morin. Un collectif qui propose d'autres solutions à la crise, parmi lesquelles des formules, proposées par le Président Roosevelt qui ont fait leur preuve après la grande crise de 1929. D'autres sont aussi inspirées d'exemples étrangers, notamment venant d'Allemagne, souvent citée pour sa productivité mais rarement pour son imagination à vocation sociale, notamment pour une meilleure répartition du temps de travail (voir la notion de Kurzarbeit).

Bref, Pierre Larrouturou fait des émules chez nous, pour preuve, la version belge de Roosevelt 2012 qui se met en place ces jours-ci (http://www.facebook.com/Roosevelt2012Belge, contact@roosevelt2012.be). Pour preuves aussi: ses interviews à la RTBF et, donc, l'invitation du PS de Di Rupo.

Cette dernière initiative m'inspire quelques réflexions. Les idées de Roosevelt 2012 méritent assurément d'être reprises par les grands partis, susceptibles d'être à la manoeuvre.
Les idées écologistes d'Ecolo, des Verts, Groen et autres Grüne, paraissaient utopiques dans les années '80-'90 mais à présent, tout le monde fait des l'écologie et pas seulement en matière d'environnement. Ces idées ont été récupérées, adaptées, poussées, amoindries parfois mais on ne peut pas nier qu'elles aient été intégrées dans notre vie de tous les jours, jusqu'à modifier nos mentalités et, à tout le moins, nos comportements.

Malheureusement, il faut bien dire aussi que ces bonnes idées ont parfois aussi été dénaturées, digérées et déféquées par des politiques qui ont simplement instrumentalisé cette lame de fond pour ratisser largement un électorat qui risquait de leur tourner le dos.

Je parlerais dès lors de phagocytage rendu possible par la naïveté des écologistes. Naïveté pas tant dans leurs convictions mais bien dans la manière de les défendre, trop tendre qu'ils ont été face à des gens intellectuellement malhonnêtes.

Aussi, suis-je partagé par l'envie de voir les idées de Roosevelt 2012 récupérées par les partis aux postes de commande et la crainte de les voir phagocytées par les barons de ces mêmes partis qui nous servent les mêmes recettes éculées. Phagocytées, régurgitées et finalement servies dénaturées et vidées de leur force à des électeurs réduits à l'état de béni-oui-oui.

Une chose est sûre: le PS belge et Elio Di Rupo ne sont pas, pour moi en tout cas, les mieux placés pour offrir sans arrière-pensées une tribune aux idées de Roosevelt 2012. Car les perspectives qu'ils offrent relèves plus du néo-libéralisme (comme j'aimerais que ce mot et ses dérivés ne partagent pas la même racine que les termes "liberté" ou "libertaire"...) que d'une réelle vision de gauche, de vraie gauche.

Mais enfin...

L'essentiel n'est-il pas d'avoir une caisse de résonance? A nous, à ceux qui veulent défendre d'autres principes, dêtre vigilants et plus intransigeants que nos amis écolos (ou communistes, en référence à l'expérience Mitterrand en France, voire à celle de Hollande) afin que la crise deviennent une véritable chance pour chacun d'entre nous...

Yvan Scoys

mardi, août 07, 2012

Entre vous et moi...


A méditer...

"Etre anarchiste c'est nier l'autorité et rejeter son corollaire économique: l'exploitation. Et cela dans tous les domaines où s'exerce l'activité humaine. L'anarchiste veut vivre sans dieux ni maîtres ; sans patrons ni directeurs ; alégal, sans lois comme sans préjugés ; amoral, sans obligations comme sans morale collective. Il veut vivre librement, vivre sa conception personnelle de la vie. En son for intérieur, il est toujours un asocial, un réfractaire, un en dehors, un en-marge, un à-côté (...). Et pour obligé qu'il soit de vivre dans une société dont la constitution répugne à son tempérament, c'est en étranger qu'il y campe. S'il consent au milieu les concessions indispensables - toujours avec l'arrière pensée de les reprendre - pour ne pas risquer ou sacrifier sottement ou inutilement sa vie, c'est qu'il les considère comme des armes de défense personnelle dans la lutte pour l'existence. L'anarchiste souhaite vivre sa vie, le plus possible, moralement, intellectuellement, économiquement, sans se préoccuper du reste du monde, exploitants comme exploités ; sans vouloir dominer ni exploiter autrui, mais prêt à réagir par tous les moyens contre quiconque interviendrait dans sa vie ou lui interdirait d'exprimer sa pensée par la plume ou la parole.

L'anarchiste a pour ennemi l'Etat et toutes ses institutions qui tendent à maintenir ou à perpétuer sa mainmise sur l'être individuel. Point de possibilité de conciliation entre l'anarchiste et une forme quelconque de société reposant sur l'autorité, qu'elle émane d'un autocrate, d'une aristocratie ou d'une démocratie. Point de terrain d'entente entre l'anarchiste et tout milieu réglementé par les décisions d'une majorité ou les vœux d'une élite. (...) Il est l'adversaire des Monopoles et des privilèges, qu'ils soient d'ordre intellectuel, moral ou économique. En un mot, il est l'antagoniste irréconciliable de tout régime, de tout système de vie sociale, de tout état de chose impliquant domination de l'homme ou du milieu sur l'individu, et exploitation de l'individu par l'homme ou le milieu.

L'œuvre de l'anarchiste est avant tout une œuvre de critique. L'anarchiste va, semant la révolte contre ce qui opprime, entrave, s'oppose à la libre expansion de l'être individuel. Il convient d'abord de débarrasser les cerveaux des idées préconçues, de mettre en liberté les tempéraments enchaînés par la crainte, de susciter des mentalités affranchies du qu'en dira-t-on et des conventions sociales ; c'est ensuite que l'anarchiste poussera qui veut faire route avec lui à se rebeller pratiquement contre le déterminisme du milieu social, à s'affirmer individuellement, à sculpter sa statue intérieure, à se rendre, autant que possible indépendant de l'environnement moral, intellectuel, économique. Il pressera l'ignorant de s'instruire, le nonchalant de réagir, le faible de devenir fort, le courbé de se redresser. Il poussera les mals doués et les moins aptes à tirer d'eux-mêmes toutes les ressources possibles et non à se reposer sur autrui.
(...)
L'anarchiste place à la base de toutes ses conceptions de vie : le fait individuel. Et c'est pour cela qu'il se dénomme volontiers anarchiste-individualiste.

Il ne pense pas que les maux dont souffrent les hommes proviennent exclusivement du capitalisme ou de la propriété privée. Il pense qu'ils sont dus surtout à la mentalité défectueuse des hommes, pris en bloc. Les maîtres ne sont que parce qu'il existe des esclaves et des dieux ne subsistent que parce que s'agenouillent des fidèles. L'anarchiste individualiste se désintéresse d'une révolution violente ayant pour but une transformation du mode de distribution des produits dans le sens collectiviste ou communiste, qui n'amènerait guère de changement dans la mentalité générale et qui ne provoquerait en rien l'émancipation de l'être individuel. En régime communiste celui-ci serait aussi subordonné qu'actuellement au bon vouloir du Milieu : il se trouverait aussi pauvre, aussi misérable que maintenant; Au lieu d'être sous le joug de la petite minorité capitaliste actuelle, il serait dominé par l'ensemble économique. Rien ne lui appartiendrait en propre. Il serait un producteur, un consommateur, un metteur ou un preneur au tas, jamais un autonome. 

L'anarchiste-individualiste se différencie de l'anarchiste communiste en ce sens qu'il considère (en dehors de la propriété des objets de jouissance formant prolongement de la personnalité ) la propriété du moyen de production et la libre disposition du produit comme la garantie essentielle de l'autonomie de la personne. Etant entendu que cette propriété se limite à la possibilité de faire valoir (individuellementt, par couples, par groupement familial, etc. ) l'étendue de sol ou l'engin de production indispensable aux nécessités de l'unité sociale ; sous réserve, pour le possesseur, de ne point l'affermer à autrui ou de ne point recourir pour sa mise en valeur à quelqu'un à son service.
L'anarchiste-individualiste n'entend pas plus vivre à n'importe quel prix, comme l'individualiste, fut-ce en exploiteur, qu'il n'entend vivre en réglementation, pourvu que l'écuelle de soupe soit assurée, la vêture certaine et le logis garanti.
L'anarchiste individualiste, d'ailleurs, ne se réclame d'aucun système qui lierait l'avenir. Il affirme se situer en état de légitime défense à l'égard de toute ambiance sociale (Etat, société, milieu, groupement, etc.) qui admettra, acceptera, perpétuera, sanctionnera ou rendra possible :

a) la subordination au milieu de l'être individuel, plaçant celui-ci en état d'infériorité manifeste puisqu'il ne peut traiter avec l'ensemble d'égal à égal, de puissance à puissance;
b) l'obligation (dans n'importe quel domaine ) de l'entraide, de la solidarité, de l'association ;
c) la privation de la possession individuelle et inaliénable du moyen de production et de la disposition entière et sans restriction du produit ;
d) l'exploitation de quiconque par l'un de ses semblables, qui le fera travailler pour son compte et à son profit ;
e) l'accaparement, c'est à dire la possibilité pour un individu, un couple, un groupement familial de posséder plus qu'il n'est nécessaire pour son entretien normal ;
f) le monopole de l'Etat ou de toute forme exécutive le remplaçant, c'est à dire son intervention dans son rôle centralisateur, administrateur, directeur, organisateur, dans les rapports entre les individus, dans n'importe quel domaine que ce soit ;
g) Le prêt à intérêt, l'usure, l'agio, la valeur d'échange monnayée, l'héritage, etc.

L'anarchiste-individualiste fait de la "propagande" pour sélectionner les tempéraments anarchistes-individualistes qui s'ignorent, déterminer tout au moins une ambiance intellectuelle favorable à leur éclosion. Entre anarchistes-individualistes les rapports s'établissent sur la base de la "réciprocité". La "camaraderie" est essentiellement d'ordre individuel, elle n'est jamais imposée. Est un "camarade" qui leur plaît individuellement à fréquenter, qui tente un effort appréciable pour se sentir vivre, qui prend part à leur propagande de critique éducative et de sélection des personnes ; qui respecte le mode d'existence de chacun, n'empiète point sur le développement de qui chemine avec lui et de ceux qui le touchent de plus près.

L'anarchiste-individualiste n'est jamais l'esclave d'une formule-type ou d'un texte reçu. Il n'admet que des opinions. Il ne propose que des thèses. Il ne s'impose pas de point d'arrivée. S'il adopte une méthode de vie sur un point de détail, c'est afin qu'elle lui assure plus de liberté, plus de bonheur, plus de bien-être, mais non point pour s'y sacrifier. Et il la modifie, et il la transforme quand il s'aperçoit que continuer à y demeurer fidèle diminuerait son autonomie. Il ne veut point se laisser dominer par des principes établis à priori ; c'est à posteriori, sur ses expériences, qu'il fonde sa règle de conduite, jamais définitive, toujours sujette aux modifications et aux transformations que peuvent suggérer l'enregistrement de nouvelles expériences, et la nécessité d'acquisition d'armes nouvelles dans sa lutte contre le milieu. Sans faire non plus de l'a priori un absolu.

L'anarchiste-individualiste n'est jamais comptable qu'à lui-même de ses faits et gestes.

L'anarchiste-individualiste ne considère l'association que comme un expédient, un pis-aller. Il ne veut donc s'associer qu'en cas d'urgence mais toujours volontairement. Et il ne désire passer de contrat, en général, qu'à brève échéance, étant toujours sous-entendu que tout contrat est résiliable dès qu'il lèse l'un des contractants.

L'anarchiste-individualiste ne prescrit pas de morale sexuelle déterminée. C'est à chacun qu'il appartient de déterminer sa vie sexuelle ou affective ou sentimentale, tant pour l'un que pour l'autre sexe. L'essentiel est que dans les relations intimes entre anarchistes de sexe différant n'intervienne ni violence ni contrainte. Il pense que l'indépendance économique et la possibilité d'être mère à son gré sont les conditions initiales de l'émancipation de la femme.

L'anarchiste-individualiste veut vivre, veut pouvoir apprécier la vie individuellement, la vie envisagée dans toutes ses manifestations. En restant maître cependant de sa volonté, en considérant comme autant de serviteurs mis à la disposition de son "moi" ses connaissances, ses facultés, ses sens, les multiples organes de perception de son corps. Il n'est point un peureux, mais il ne veut point se diminuer.
Et il sait fort bien que celui qui se laisse mener par ses passions ou dominer par ses penchants est un esclave. Il veut conserver "la maîtrise du soi" pour s'élancer vers les aventures auxquelles le convient la recherche indépendante et le libre examen. Il préconisera volontiers une vie simple, le renoncement aux besoins factices, asservissants, inutiles ; l'évasion des grandes agglomérations humaines ; une alimentation rationnelle et l'hygiène corporelle.

L'anarchiste-individualiste s'intéressera aux associations formées par certains camarades en vue de s'arracher à l'obsession d'un Milieu qui leur répugne. Le refus de service militaire, celui de payer l'impôt auront toute sa sympathie ; les unions libres, uniques ou plurales à titre de protestation contre la morale courante ; l'illégalisme en tant que rupture violente (et sous certaines réserves ) d'un contrat économique imposé par la force ; l'abstention de toute action, de tout labeur, de toute fonction impliquant maintien ou consolidation du régime intellectuel, éthique ou économique imposé ; l'échange des produits de première nécessité entre anarchistes-individualistes possesseurs des engins de production nécessaires, en dehors de tout intermédiaire capitaliste; etc., sont des actes de révolte convenant essentiellement au caractère de l'anarchisme-individualiste. 

1er juillet 1911

E. Armand" (version expurgée)

http://kropot.free.fr/EArmand-manuel.htm

Intéressant à l'époque... et aujourd'hui. Pour ceux que cela intéresse, voir le livre d'Irène Pereira, "L'anarchisme dans les textes - Anthologie libertaire", édition Textuel, 2010, 144 pages, 9,90 €.